Le sport après 50 ans

publié le 30 septembre 2015

Ma santé j’y tiens et je l’entretiens !

Atelier animé par le docteur Michel TREGARO, médecin à la Direction régionale de la jeunesse et des sports de la région Bretagne, spécialisé dans la santé à travers le sport en direction des séniors.

L’influence du sport sur la santé
Une étude démontre que les sportifs de haut niveau sont ceux qui résistent le mieux au vieillissement. De même, un rapport de l’INSERM démontre l’importance de la pratique du sport pour tous les âges et ses bienfaits.

Présentation de l’atelier.
Comment garder bon pied bon œil ? Plus on vieillit plus on doit bouger. Dès le 19ème siècle, cette notion est défendue.

Les principales actions susceptibles de participer à la prévention de la perte d’autonomie :
- améliorer les actions préventives par une activité physique régulière
- renforcer la masse musculaire
- pratiquer une gymnastique, même douce de type Tai-chi,
- prendre en charge les facteurs cardiovasculaires.

Ces actions ont des effets positifs sur l’autonomie fonctionnelle.

Il faut combattre l’inactivité
Pour ralentir, le déclin des systèmes majeurs, il faut faire une activité quelle soit physique ou sportive.
L’ activité physique est différente de l’activité sportive. L’activité physique est plus ludique comme le jardinage, la promenade, etc. alors que l’activité sportive demande un effort et une fréquence plus importante.

Les bienfaits de l’activité physique se font ressentir sur l’amélioration de la santé et du bien-être global. Ils ont aussi des répercussions sur la diminution de certaines pathologies telles que le diabète ou le cholestérol, l’arthrite inflammatoire, l’arthrose, voire la maladie de Parkinson.

En fonction de l’âge, il y aura des altérations des fonctions physiologiques : plus on vieillit, plus la masse graisseuse s’accroît et plus la masse maigre s’amoindrit. La masse osseuse diminue également et les risques cardio-respiratoires et la pression artérielle augmentent. Cette dernière doit approcher 13.85 (calcul en mercure) quelque soit l’âge On a aussi une diminution de la capacité maximale à faire des efforts, du débit cardiaque maximal, de la ventilation maximale et de la capacité pulmonaire maximale.

Le sport est nécessaire
Ils existent de multiples raisons pour dire que faire du sport ne sert à rien. Or même si on n’en a jamais fait, s’y mettre c’est de toute façon utile et profitable pour l’avenir.
Mais il faut prendre des précautions
Avant d’entreprendre un programme d’exercices, il faut effectuer une évaluation si on n’a jamais fait de sport ou si on reprend une activité sportive après des années d’arrêt.
Il faut faire une recherche d’antécédents, évaluer l’activité physique actuelle et antérieure, faire un examen cardiaque, respiratoire, neurologique, musculo-squeletique.

Quand est-il nécessaire de faire le test à l’effort ?
Si on souhaite pratiquer une activité vigoureuse et intense, il est conseillé de faire le teste à l’effort, dès 40 ans pour un homme, et pour les femmes, l’âge requis est de 50 ans. Mais il est recommandé à tout âge si un individu présente des facteurs à risques : un fumeur, avoir des maladies cardio-vasculaires, des antécédents familiaux. Il faut impérativement consulter un cardiologue.

Existe-t-il des contre indications à la pratique sportive ?
Les contre-indications sont rares ; elles concernent les personnes ayant un infarctus, des angines instables, une arythmie incontrôlée, une insuffisance cardiaque congestive aiguë ou un anévrisme aortique progressant.

Elles peuvent être relatives en cas d’hypertension incontrôlée, maladie cardiaque valvulaire, cardiomyopathie, maladie métabolique incontrôlée.

Faut-il demander un certificat médical ?
Les certificats médicaux ne sont pas obligatoires pour tout. Aujourd’hui, on demande des certificats médicaux pour tout. Souvent les organisateurs demandent un certificat médical pour se donner bonne conscience
La législation est précise sur ce point et n’est réellement obligatoire qu’en cas de compétition. De plus, le certificat doit comporter la mention "de non-contre-indication à la pratique d’un sport précis". Si l’activité demande un effort particulier qui peut effectivement mettre en danger la vie du pratiquant, il est recommandé de le réclamer, en revanche, si l’activité ne nécessite pas d’effort particulier comme dans le cas d’une promenade, cela est inutile. Exemple, si une personne de plus de 50 ans pratique de l’aérobic, il peut être intéressant de lui demander de faire un examen.
Ce n’est pas parce qu’on a un certificat médical de non contre indication qu’on peut faire n’importe quoi. De plus, il faut lutter contre les certificats médicaux sans examen. C’est pour cela que des procès contre des médecins se multiplient.
La législation l’impose uniquement pour la compétition, rien pour le reste, il faut donc que les responsables d’associations soient éducateurs pour inciter les pratiquants à vérifier leur état de santé. Il faut marteler, répéter pour que les gens aient conscience qu’ils mettent en jeu leur santé si l’examen n’est pas fait correctement.
Pourquoi les fédérations sportives demandent-elles le certificat médical pour obtenir une licence ? C’est parce que c’est le seul moyen qu’elles ont pour obliger un individu, surtout les plus jeunes, de consulter un médecin qui peut ainsi ausculter, discuter avec le patient, et de faire les examens médicaux nécessaires.

Qu’en est-il du dopage ?
Un autre sujet délicat a été abordé est le problème du dopage. Il faut veiller surtout chez les jeunes la tentation de faire des performances et de tomber dans l’engrenage.
Une séance d’activité s’organise
Quelque soit l’âge, il faut toujours faire la phase d’échauffement, d’autant plus indispensable lorsque l’on vieillit. Le cœur est le dernier muscle à s’échauffer.

L’activité doit être :
- régulière :2 à 3 séances de 30 à 40 mn par semaine de jogging, 3 à 4 km de marche à allure soutenue par jour, 1h 30 à 2 h de vélo 2 à 3 fois par semaine.
- adaptée à la personne : elle doit correspondre à ses goûts, ses capacités, pratiquer à plusieurs, elle doit se faire avec plaisir, car c’est ce qui conditionne sa pratique dans le temps.
- sécurisante : il faut penser à s’échauffer, elle ne doit pas être douloureuse, ne pas surestimer ses capacités, avoir une bonne hygiène alimentaire, prendre une douche tiède après l’effort.
- progressive : les entraînements doivent augmenter progressivement par paliers de 15 jours, la progression doit s’effectuer dans la durée et dans l’effort.

Le sport sur ordonnance.
Le sport est pris en compte lors des prescriptions médicales pour traiter certaines pathologies. En effet on constate que les personnes qui font une activité physique ont une meilleure mémoire et souvent ralentisse la venue de certaines maladies, telles Alzheimer.
Pour lutter contre l’ostéoporose, les sports idéaux sont ceux qui induisent une pression au sol comme la course à pied.
Le cancer du sein et du colon sont deux cancers qui réagissent très bien à la pratique du sport : on diminue le risque de cancer du sein de 40 % avec 4 heures d’activités par semaine.
L’obésité est aussi traitée par la pratique sportive. En effet un régime alimentaire lié à une pratique sportive fait perdre davantage de kilos. En cas de surcharge pondérale, il est difficile pour un individu de faire une activité physique. Il faut leur proposer des sports qui ne font pas supporter le corps : la natation est idéale. On peut aussi leur faire des activités aux sols, du vélo, etc. Seulement, il faut éviter de les mettre en présence avec des personnes minces.

Les dix commandements pour être en bonne santé
1. Faire des activités qui plaisent
2. Privilégier une activité près de chez soi
3. Faire des échauffements avant de pratiquer le sport
4. Diversifier les activités
5. Faire des exercices à plusieurs personnes, notamment des amis
6. Consulter son médecin pour suivre sa santé
7. Respecter les règles de sécurité
8. Adapter une alimentation équilibrée
9. Tenir un carnet de bord sur ses objectifs et suivre l’évolution
10. Garder à l’esprit qu’un peu d’exercices valent mieux que pas du tout

Et pour conclure, "Il faut être rudement en bonne santé pour se dispenser de faire du sport."